Karl Popper est l'un des grands philosophes des sciences du XXe siècle. Son idée centrale : ce qui distingue une théorie scientifique d'une théorie non scientifique, ce n'est pas qu'elle puisse être vérifiée, mais qu'elle puisse être réfutée — falsifiée. Une théorie qui ne peut être ni confirmée ni infirmée par l'expérience n'est pas scientifique.
La science n'est pas un système d'énoncés certains et bien établis, ni un système qui progresse de façon continue. Notre science n'est pas connaissance (episteme) : elle ne peut jamais prétendre avoir atteint la vérité, ni un substitut de la vérité, comme la probabilité.
Karl Popper, La Logique de la découverte scientifique, 1934
Dans La Société ouverte et ses ennemis (1945), Popper étend sa philosophie au domaine politique. La société ouverte est une société démocratique, pluraliste, où les institutions peuvent être critiquées et réformées. Ses ennemis sont les théories historicistes qui prétendent connaître le sens nécessaire de l'histoire — Platon, Hegel, Marx.
Nous devons planifier pour la liberté, et non seulement pour la sécurité, alors que pour des raisons purement logiques, il est impossible de planifier pour les deux à la fois. Si nous vivons dans une société trop confortable, nous cessons d'évoluer.
Popper défend un rationalisme critique : non pas la certitude cartésienne, non pas la vérification des faits, mais la critique permanente, le débat ouvert, la disposition à réviser nos théories devant les faits. Cette attitude de modestie intellectuelle — savoir que nous pouvons nous tromper — est la condition de tout progrès intellectuel et social.
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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