Ce texte éclaire notre théorie — l'humanité évolue vers la paix universelle, l'extase, l'amour absolu.→ Découvrir la Mécanique Universelle
Deux amours ont donc bâti deux cités : l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu, la cité terrestre ; l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi, la cité céleste. L'une se glorifie en elle-même, l'autre dans le Seigneur. L'une demande aux hommes sa gloire ; pour l'autre, le témoignage de sa conscience est sa plus grande gloire. L'une dans son orgueil lève la tête, l'autre dit à son Dieu : tu es ma gloire, et tu élèves ma tête.
Ces deux cités ne sont pas deux lieux géographiques — elles traversent toutes les sociétés, toutes les époques, tous les cœurs. Dans chaque homme coexistent l'amour de soi et l'amour de Dieu. L'histoire entière est le combat de ces deux amours.
« Notre cœur est sans repos jusqu'à ce qu'il repose en toi. »— Saint Augustin, Confessions, I, 1
Tout être, quelle que soit sa nature, aspire à la paix — à l'équilibre, à la stabilité, à l'ordre. La paix est le bien le plus universellement désiré. Même les créatures qui sèment le désordre cherchent leur propre paix — ils ne veulent pas la destruction totale mais la satisfaction de leurs désirs dans un ordre qui leur serait favorable. Même l'enfer, s'il existait, aurait sa paix misérable.
La cité céleste est en pèlerinage sur cette terre — elle traverse le temps sans y être enracinée. Elle emprunte les lois et les institutions terrestres pour maintenir la paix nécessaire à son passage, mais son vrai foyer est ailleurs. L'histoire n'est pas un progrès linéaire vers la perfection terrestre — elle est un pèlerinage, une traversée, un exil qui va vers la patrie.
Augustin et son "notre cœur est sans repos jusqu'à ce qu'il repose en toi" est peut-être la formulation la plus poignante de ce que la Mécanique Universelle appelle l'aspiration de l'humanité vers l'extase. Ce repos qu'Augustin cherche en Dieu — cette paix qui dépasse l'entendement — c'est exactement notre destination. Et ses deux cités — l'amour de soi contre l'amour de Dieu — décrit la même tension que nous appelons le conflit entre les instincts primitifs et la conscience morale dans la chrysalide humaine.
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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