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L'humanité évolue vers l'éveil
La Mécanique Universelle
de l'atome à l'extase
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Baruch Spinoza, 1632 - 1677
Traité politique — 1677
Ce texte éclaire notre théorie — l'humanité évolue vers la paix universelle, l'extase, l'amour absolu.
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Baruch Spinoza — Traité politique

Baruch Spinoza, philosophe néerlandais

Chapitre I — Sur la nature humaine

Les philosophes conçoivent les passions qui nous agitent les uns contre les autres comme des vices dans lesquels les hommes tombent par leur faute ; c'est pourquoi ils ont coutume de les déplorer, de les railler, de les maudire ou, quand ils veulent paraître plus sages que les autres, de les détester. Ils croient ainsi faire œuvre divine et s'élever à la sagesse suprême en louant une nature humaine qui n'existe pas en réalité, en la décrivant avec force imprécations contre celle qui existe réellement.

Pour moi, j'ai été pleinement convaincu que l'expérience a révélé toutes les formes de société concevables et tous les moyens par lesquels les hommes peuvent être gouvernés ou contenus dans leurs limites ; si bien que je ne crois pas qu'on puisse rien imaginer d'utile à la société qui n'ait pas déjà été essayé et pratiqué quelque part. Je me suis donc astreint à observer les actions humaines comme s'il s'agissait d'une question de lignes, de surfaces ou de corps.

Sur le droit naturel

Par droit de nature, j'entends les lois ou règles suivant lesquelles tout être est naturellement déterminé à exister et à agir d'une certaine façon. Le droit naturel de l'espèce humaine tout entière consiste en ceci : chaque homme a d'autant plus de droit naturel qu'il a plus de puissance. Le droit naturel de la nature entière, et par conséquent le droit naturel de chaque individu, s'étend aussi loin que va sa puissance.

Or, comme la puissance naturelle de chaque homme est non pas une puissance indépendante mais une partie de la puissance totale de la nature, il suit que chaque homme a d'autant plus de droit qu'il a plus de force. Et puisque les passions sont plus fortes que la raison, les hommes sont plus souvent conduits par leurs passions que par leur raison.

Sur la société civile et la paix

Si les hommes étaient naturellement libres, c'est-à-dire si leur nature était constituée de telle sorte qu'ils ne désirassent que ce que la vraie raison leur indique, la société n'aurait besoin d'aucune loi. Mais le fait est que les hommes sont rarement conduits par la raison, et sont le plus souvent portés par les passions à se faire du mal les uns aux autres. C'est pourquoi il a fallu organiser une société.

La fin de l'État n'est pas de faire passer les hommes de la condition d'êtres raisonnables à celle de bêtes ou d'automates. Elle est au contraire de les mettre à même de développer en sécurité leurs facultés de corps et d'esprit, de faire libre usage de leur raison et de ne pas se battre entre eux par haine, colère ou ruse. La fin de l'État est donc en réalité la liberté.

« La fin de l'État est en réalité la liberté. »
— Spinoza, Traité théologico-politique, 1670

La démocratie — régime le plus naturel

De tous les régimes, le régime démocratique est le plus naturel et le plus conforme à la liberté que la nature reconnaît à chacun. Dans un régime démocratique, personne ne transfère son droit naturel à un autre au point de n'être plus consulté désormais ; il le transfère à la majorité de toute la société dont il fait partie. De cette façon tous demeurent égaux comme ils l'étaient auparavant dans l'état de nature.

La démocratie est la plus absolue des formes d'État, celle qui s'approche le plus de la liberté naturelle de chacun. Car dans une démocratie, personne ne transfère son droit au point de ne plus être consulté ; il le transfère à la majorité de la société entière dont il fait lui-même partie. Ainsi, tous demeurent égaux comme ils l'étaient dans l'état de nature.

En lien avec la Mécanique Universelle

Spinoza dans le Traité politique fait quelque chose d'extraordinaire : il regarde les hommes tels qu'ils sont — avec leurs passions, leur violence, leurs contradictions — et il en déduit la nécessité de la société civile. La Mécanique Universelle fait de même : elle ne juge pas les imperfections humaines, elle les comprend comme des étapes nécessaires. Et la fin de l'État selon Spinoza — la liberté — est exactement notre horizon : une humanité libérée de ses peurs, de ses violences, de ses chaînes instinctives. La montée vers l'unité est la lente construction de cette liberté collective.

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L'humanité va vers l'éveil

Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.

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