John Stuart Mill est le philosophe libéral le plus important du XIXe siècle. Fils du philosophe James Mill et de Jeremy Bentham — fondateur de l'utilitarisme — il a reçu une éducation exceptionnellement intense et a développé une pensée qui a profondément marqué le libéralisme occidental.
Mill reprend l'utilitarisme de Bentham — la théorie selon laquelle le bien moral est ce qui produit le maximum de bonheur pour le maximum de personnes — mais il le raffine. Il distingue des plaisirs de qualité différente : les plaisirs intellectuels et moraux sont supérieurs aux plaisirs purement physiques.
Il vaut mieux être Socrate mécontent qu'un imbécile satisfait. Et si l'imbécile et le porc sont d'un avis différent, c'est parce qu'ils ne connaissent qu'un seul côté de la question. L'autre partie de la comparaison connaît les deux côtés.
Mill, L'utilitarisme, 1863
L'oeuvre la plus célèbre de Mill est De la liberté (1859). Sa thèse : la liberté individuelle ne peut être limitée que pour protéger les autres. L'État et la société n'ont pas le droit d'imposer à l'individu une conduite pour son propre bien. La seule tyrannie légitime est celle que l'on s'impose à soi-même par la vertu.
La seule liberté qui mérite ce nom est celle de poursuivre notre propre bien à notre manière, aussi longtemps que nous n'essayons pas de priver les autres de la leur ou de faire obstacle à leurs efforts pour l'obtenir.
Mill est aussi l'un des premiers grands philosophes féministes. Dans De l'assujettissement des femmes (1869), il plaide pour l'égalité complète des droits entre hommes et femmes — une position radicale pour son époque.
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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