John Stuart Mill (1806-1873) est l'un des grands philosophes libéraux du XIXe siècle. Son œuvre s'articule autour de deux pôles qui semblent paradoxaux : l'utilitarisme d'un côté — la morale du plus grand bonheur pour le plus grand nombre — et la défense absolue de la liberté individuelle de l'autre.
« Il vaut mieux être Socrate insatisfait qu'un imbécile satisfait. »— John Stuart Mill, L'Utilitarisme (1863)
Mill hérite de Bentham le principe utilitariste — la bonne action est celle qui maximise le bonheur total. Mais il raffine cette doctrine en introduisant une distinction fondamentale : tous les plaisirs ne se valent pas. Il y a des plaisirs inférieurs — les plaisirs corporels, immédiats — et des plaisirs supérieurs — les plaisirs intellectuels, esthétiques, moraux.
Cette hiérarchie des plaisirs est en résonance directe avec la Mécanique Universelle : l'évolution humaine est précisément le passage des plaisirs inférieurs vers les plaisirs supérieurs, de la satisfaction des besoins animaux vers la joie de la conscience élargie.
Dans De la liberté (1859), Mill défend un principe fondamental : l'individu est souverain sur lui-même. La société n'a le droit d'intervenir dans la vie privée d'un individu que pour prévenir un tort causé à autrui.
« La seule raison légitime que puisse avoir une communauté pour user de la force contre un de ses membres est de l'empêcher de nuire aux autres. »— John Stuart Mill, De la liberté (1859)
La Mécanique Universelle partage avec Mill cette conviction que la liberté individuelle est une condition nécessaire de l'évolution humaine. Une conscience ne peut s'épanouir que dans la liberté — la contrainte étouffe le développement intérieur. La démocratie libérale, avec toutes ses imperfections, crée les conditions dans lesquelles l'évolution de la conscience peut se produire.
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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