Simone Weil — Pesanteur et grâce
Cette vidéo est une lecture commentée d'extraits de La Pesanteur et la Grâce de Simone Weil. Jean-Marc Tonizzo y explore la dialectique entre la pesanteur — la gravité du monde, les forces qui nous tirent vers le bas — et la grâce — cette force surnaturelle qui s'oppose à la pesanteur.
Simone Weil — Biographie
Simone Weil naît le 3 février 1909 à Paris dans une famille juive agnostique. Philosophe, mystique, militante politique, elle est l'une des figures les plus singulières du XXème siècle. Reuçue première à l'agrégation de philosophie (devant Simone de Beauvoir), elle choisit cependant d'aller travailler en usine pour comprendre de l'intérieur la condition ouvrière. Elle participe à la Guerre d'Espagne. En 1938, elle vit une expérience mystique décisive à Solesmes, lors des offices de Pâques.
Réfugiée à Londres pendant la guerre, elle refuse de manger davantage que la ration des Français sous Occupation. Elle meurt d'épuisement et de tuberculose le 24 août 1943 à Ashford, en Angleterre, à 34 ans. La Pesanteur et la Grâce est publiée après sa mort, en 1947, par Gustave Thibon.
Pesanteur et grâce — deux forces universelles
« Deux forces règnent sur l'univers : lumière et pesanteur. »
Simone Weil
La pesanteur est la force qui régit le monde naturel — la loi du plus fort, la gravité des pulsions, la tendance à prendre, à dominer, à se venger. La grâce est la force surnaturelle qui s'y oppose — et qui, paradoxalement, n'agit que dans le vide, dans le dépouillement, dans l'attente sans objet.
Pour la Mécanique Universelle, Simone Weil est un témoin exceptionnel de ce vers quoi l'humanité tend. Sa vie entière est une expérience de la grâce — au sens le plus littéral : une force qui s'oppose à la pesanteur naturelle, et qui ne peut agir que dans le détachement total.
La vidéo
Pesanteur. — D'une manière générale, ce qu'on attend des autres est déterminée par les effets de la pesanteur en nous ; ce qu'on en reçoit est déterminée par les effets de la pesanteur en eux. Parfois cela coïncide (par hasard) souvent non.
Ne pas oublier qu'à certains moments de mes maux de tête, quand la crise montait, j'avais un désir intense de faire souffrir un autre être humain, en le frappant précisément au même endroit du front. Désir analogue, très fréquents parmi les hommes. Plusieurs fois dans cet état, j'ai cédé du moins à la tentation de dire des mots blessants. Obéissance à la pesanteur le plus grand péché. On corrompt ainsi la fonction du langage, qui est d'exprimer les rapports des choses.